11/30/2006
11/25/2006
Rencontre avec l'artiste Brankica Zilovic-Chauvain
Ce vendredi 24 novembre nous avons eu l'honneur de recevoir Mme Brankica Zilovic-Chauvain, une artiste d'origine Serbe qui a choisi la France pour étendre ses études d'art. Aujourd'hui le travail de B.Z. a sa place dans les galleries Parisiennes, un travail unique pour sa démarche artistique qui lie le dessin de mode et la broderie ainsi que pour ses installations composées de pieces de tissu. Voici l'adresse de son site pour un aperçu de son travail [ http://zilovic.chauvain.com ].
Quelques mots sur le passé, le parcours et la vie actuelle de l'artiste...
Aprés avoir fui le régime dictatorial de Milosévitch, Brankica Zilovic-Chauvain arrive en France, diplomée de l'école des Beaux Arts de Belgrade ( 1998 ), elle passe son diplôme à l'Ecole Nationale Supérieur des Beaux Arts de Paris en 2002. La periode qui suit, celle de la recherche de galleries, de personnes s'interessant à son travail est longue, déprimante et remplie de doutes. Une étape difficile à supporter mais presque obligatoire, " on ne va pas vous dérouler le tapis rouge de l'Ecole à la gallerie" nous dit-elle, il faut se battre et défendre son art.
Aujourd'hui Brankica Zilovic-Chauvain expose non seulement dans la France entière mais aussi en dehors des frontières de l'hexagone ( Allemagne, Serbie ). Elle à une vie de famille, et son art lui permet de bien vivre (les quelques heures par semaine qu'elle consacre à l'enseignement ne sont pour elle qu'une façon de transmettre sa sensibilité artistique, sont style personnel ).
Malheuresement il y a toujours un doute, ne sachant pas si demain la situation sera la même. Est-ce une peur que tous les artistes ont ? Aprés tout un mouvement artistique c'est un peu comme la mode... on ne sait pas combien de temps ça va durer.
Aprés nous avoir expliqué son choix d'avoir quitté sa terre natale pour la France Brankica Zilovic-Chauvain nous parle de son travail et de sa vie en tant qu'artiste.
Les premières questions tournent souvent autour d'un même sujet: la feminité. B.Z. nous explique que son choix de pratiquer la broderie ne vient pas du fait qu'elle soit une femme mais plutôt que ce sont des influences culturelles qui l'ont menée vers cette direction. Effectivement, en Serbie le fait de coudre ( avec de la laine de mouton ) était une sorte d'émancipation pour les femmes. Une tradition qui s'est perpétuée et qui aujourd'hui nourrit l'inspiration de l'artiste.
Alors, la broderie est elle une activité artistique purement féminine ? D'aprés les réponses de Mme Zilovic-Chauvain, non, du moins par pour son cas, explicite-elle en reprécisant que c'est sa culture et non pas son genre qui l'ont menée vers l'utilisation du fil et de l'aiguille pour "peindre" ses toiles.
Nous nous penchons donc ensuite sur les oeuvres elles-mêmes. Pourquoi la mode ? Doit-on y voir une critique ou plutôt un hommage ?
En voyant ces modèles, sans tête, collés les uns aux autres, dans des poses trés stéréotypées, nous pouvons penser qu'il s'agit ici d'une dénonociation du milieu de la mode, qui transforme la femme en simple support à vêtements... sans visage, sans identité. Nous pouvons supposer que B.Z. est une féministe, qu'elle est engagée dans un combat contre la mode.
Cependant nous devons remarquer, que ces mêmes modèles, dont le contour est délicatement brodé avec de la laine, sont en fait plutôt mis en valeur, embellis... brodés et placés dans un décor quasi-publicitaire. Est-ce un hommage rendu à la mode, B.Z. en est ( était ) elle une victime comme tant de femmes ?
Ni l'un ni l'autre, nous dit B.Z.. Elle précise qu'en tant qu'artiste elle ne cherche pas à critiquer ou à faire de la politique mais plutôt à s'exprimer, à faire ressortir ce qui la touche le plus sans s'engager pour une cause quelconque. Aussi B.Z fut énormément attirée et influencée par la mode et l'est encore aujourd'hui, sans pour autant y être éxagerement attachée, "Fashion is everybody's obsession". Elle aime la mode, elle aime la laine et la broderie, elle en a fait son art.
Désormais, nous comprenons mieux son travail, sa démarche artistique et ses choix. La pratique de la broderie, le contact avec la matière, les manequins, la mode.. tout se rejoint dans son univers, un univers qu'elle aime et qui la passione... l'art.
Fyrat
11/17/2006
Zoë Mendelson
Galerie Schleicher+Lange
Wunderkammer ( Chambre des Miracles )
Pierre-Eric, Geoffroy et Willy, tous les trois partèrent pour l'exposition recommandé par George Mutsianos, leur prof de suivis de stage. Arrivés sur les lieux, les 3 jeunes hommes cherchaient, et heureusement trouvaient, la fameuse Galerie de l'artiste Anglaise Zoë Mendelson.
Une fois à l'intérieur de ce lieu étrange ( vous verrez par la suite ) les 3 gens se demandaient où étaient ils ? Les murs étaient ,de blanc ,peints, on pouvait apercevoir des gribouillis partout dans la salle. près une approche délicate mais néanmoins dangereuse, ils pouvaient remarquer des dessins figuratifs agrémentés d'onirisme un peu...déconcertant. Tous les 3 étaient tous, je dis bien tous ! habités par une timidité extrème et n'osaient point s'aventurer près de l'assistante des deux Galeristes ( Julia Schleicher et Andreas Lange ). Près de la porte d'entrée se trouvaient plusieurs prospectus, et c'est avec une délicate attention qu'ils prirent et feuilletèrent les divers journaux, bouquins et feuilles. Une feuille devenait importante, celle qui résumait le travail de Zoë ( appellons la ainsi voyons... )
"Wunderkamer est l'aboutissement de la longue résidence d'été de Zoë Mendelson de la galerie et peut être considéré comme le projet in situ le plus ambitieux de l'artiste à ce jour. Ce projet consiste en deux expositions, dont l'une est cachée à l'intérieur de l'autre et n'est révélée qu'après une enquête approfondie.
Dans une première phase, l'artiste a conçu un nouvel ensemble d'oeuvres pour l'exposition qui consiste en oeuvres sur papier, objets et peintures. L'artiste a ensuite imaginé une version dessiné du "fantôme de l'exposition" dans laquelle elle isole ses oeuvres. 'Wunderkammer' devient ainsi une version fictive de l'exposition, dessinée directement sur les murs de la galerie comme su les oeuvres étaient accrochées ( ou avaient poussé ) dans l'espace."
Extrait d'un texte issu d'un document pris dans la galerie
Bonjour mademoiselle....
Maintenant que les présentations sont faites, entrons dans le plus important: L'INTERVIEW !
Comment l'avez vous découvert ? et pourquoi l'avoir choisit ?
J'ai vu son travail en 2000, c'était pour son projet de fin d'année en Angleterre, j'ai beaucoup aimé son travail et je trouvais qu'elle avait un énorme potentiel.
Quelle formation avez vous pour être, aujourd'hui, galeristes ?
Nous avons fait une ecole d'art et de communication à Londres.
Comment avez vous commencé ?
Nous avons commencé par la préparation de l'ouverture de la galerie pendant environ 2 ans et en attendant, nous avions travaillé dans plusieurs galeries en France pour voir comment cela se passait.
Quelle sont vos relations avec l'artiste ?
Nous avons peu d'artistes dans la galerie car nous avons une relation assez proche avec eux.
Nous gérons tout, que ce soit la carrière, les expositions, les promotions et tout ce qui concerne la presse et bien sur les prix.
Y a t il un thème particulier dans votre galerie ?
Non, ceci n'est pas important.
Votre avis sur l'art d'aujourd'hui ? pensez vous que l'art a moins de valeur ? est il moins intéressant avec toutes ses remises en questions ?
L'art d'aujourd'hui, n'est plus aussi simple, il y a plusieurs mondes.
Il y a plus de mondes, plus d'artistes, de galeries.
La remise en question de l'art n'a été que positif pour ce dernier.
Quels sont les avis que vous recevez sur la galerie ?
Des avis négatifs et positifs, mais majoritairement positif.
Si vous étiez dans une époque plus ancienne de l'art, quel artiste auriez vous aimé exposer ?
Aucun, car nous sommes devenus artistes car le monde d'aujourd'hui nous interresse, avant, nous ne serions pas devenus galeristes.
Comment organisez vous les oeuvres lors d'une exposition ?
Nous n'avons pas de schéma prédéfini, tout change à chaque exposition, tout dépend de l'artiste et de ses oeuvres.
L'artiste a-t-il un atelier?
Oui.
A-t-il une profession en dehors du métier d'artiste ?
Elle enseigne la peinture dans une école à Londres.
Ses proches etaient ils d'accord pour qu'elle devienne artiste ?
Oui, car sa famille est très portée sur l'art donc elle n'a eu aucun problème.
A-t-il des artistes de références ?
Non, c'est surtout qu'elle s'inspire des choses visuelles des autres, avec un langage très victorien.
Site Officiel de Zoë Mendelson
L'oeuvre In Situ de Zoë Mendelson comportent un aspect onirique mais aussi un aspect érotique
11/15/2006
Emmanuelle VILLARD (bis)
Elle nous a fait découvrir ce qu’était le monde de l’art du point de vue d’une jeune artiste, avec ses galères et sa récente satisfaction pour ce qu’elle crée après plusieurs années.
Sa technique pour peindre est surprenante, elle prône une technique dénuée de tout artifice et de tout geste superflu, par l’utilisation d’une sorte de pipette. Elle joue également sur les propriétés de la peinture acrylique pour créer de nouvelles formes ou une nouvelle dimension avec les différents types d‘acrylique (brillant, pailleté). De plus son œuvre lui ressemble, c’est à dire lorsque l’on en voit une on devine tout de suite que c’est l’œuvre d’une femme et elle nous transporte immédiatement dans son univers. On découvre également que son œuvre résulte de ce qu’elle est, car certaines n’auraient jamais existé si elle n’aimait pas gâcher son matériel. Je pense notamment à la série « ensemble 105 » où elle déverse un pot de déchets d’acrylique (qui résume ses tableaux précédents) ou encore la notion d’agalmata «ensemble 11 » qui découle d’une toile qu’elle a enlevé de son cadre puis pliée. Viennent ensuite les différents objets avec les sphères composées de plusieurs boules de polystyrène ou encore son jeu de billes géantes, ou ses tableaux de caviar (pas du vrai, n‘oublions pas qu‘elle n‘aime pas le gâchis).
Ce que j’ai également apprécié c’est la mise en scène de ses expositions qui peuvent devenir des œuvres en elles-mêmes et le jeu qu‘elle crée avec le spectateur. Notamment dans « Pleasuredome » qui via ses suspensions crée de nouvelles œuvres en se déplaçant dans la salle, ou encore « La criée » , où par une simple disposition de tables elle nous impose les points de vue nécessaires à l’appréhension des œuvres. Tout comme lors de l’exposition «Hugs&Kiss» où par des cloisonnements elle parvient à créer une certaine intimité avec les œuvres.
11/11/2006
Emmanuelle Villard
Je trouve intéressant le fait qu'elle donne une personnalité à ses oeuvres :
lorsqu'elle les exécute, elle adopte une position d'humilité devant le tableau en étant assise et en se penchant en avant. De plus, elle veut établir un dialogue entre le spectateur et l'oeuvre en donnant à l'oeuvre des yeux et une ambiance intime entre le spectateur et ses oeuvres dans ses expositions. Le fait d'utiliser l'acrylique plutôt que la peinture à l'huile renforce également cette idée car l'acrylique, dépendant de son environnement dans lequel il est utilisé, donne un résultat un peu hasardeux et donc laisse le tableau se peindre de lui-même.
La manière de jouer avec le spectateur lors de ses expositions était aussi drôles :
elle voulait placer le spectateur là où elle voulait qu'il soit et donner telle et telle impression.
Mais c'est vrai que, comme elle l'a dit et comme je l'ai pensé, cela enlevait la force de ses oeuvres. Ce n'était plus vraiment une exposition mais plutôt un jeu de scène.
En tout cas, j'aime beaucoup le fait qu'elle mette de l'importance sur le contact entre ses oeuvres et le spectateur.
11/03/2006
BMPT
Après deux posts de mes confrères sur des expositions, je décide de m’intéresser à un sujet abordé dans le cour, à savoir le groupe BMPT. Composé de quatre artistes, Daniel BUREN, Olivier MOSSET, Michel PARMENTIER et Niele TORONI qui revendiquent un principe de neutralité dans la peinture.
BUREN
Daniel BUREN est né en 1938, il sort de l’École des Métiers d’Art en 1960. De tout temps BUREN à horreur de l’art traditionnel, il se découvrira un goût pour les rayures dans ses premières œuvres où il utilise du tissu industriel à larges bandes verticales, ces même rayures deviendront par la suite sa signature. Lors de ses expositions il accompagne ses œuvres de notes explicatives. BUREN va par la suite adapter son « outil visuel » à des lieux publics tels que la Place des Terreaux à Lyon , ou encore la cour du Palais-Royal à Paris (« Les colonnes de BUREN »).
MOSSET
Olivier MOSSET est né en 1944 , il fait ses études d’art à Lausanne puis il devient l’assistant de Jean TINGUELY et de Daniel SPOERRI. En 1964 ses premières œuvres sont des toiles d’un blanc intégral avec un A inscrit qu’il expose au Musée d’Art Moderne de Paris en 1966. Sa première exposition personnelle date de 1968. En 1977 il part pour New York où il se met à faire des monochromes de différentes couleurs sur de grandes surfaces. En 1994, au Musée des Beaux-Arts de SION, il réalise une installation de sculptures en carton (Toblerones).
Michel PARMENTIER est né en 1938 et est décédé en 2000. Au début des années 60 PARMENTIER fréquente avec BUREN l’atelier de Simon HANTAÏ ,qui aura une grande influence sur lui. Jusqu’en 1965 il utilise la technique de masking tape (scotch crépon) pour s’orienter sur la technique de pliage de HANTAÏ. Il s’agissait de peindre des bandes horizontales de trente huit centimètres puis de plier la toile à cette limite afin d’obtenir une alternance sans bavure entre la couleur et le blanc. Il quitte le groupe BMPT en décembre 1967 et s’arrête de peindre jusqu’en 1982 où il reprend son œuvre là où il l’avait laissé jusqu’à sa mort.
Niele TORONI est né en 1937 à Muralto. Il s’installe à Paris en 1958 et fonde en 1967 le groupe BMPT. Tout au long de sa carrière il reste fidèle à ses conceptions artistiques et revendique le degré zéro de la peinture. L'essentiel des œuvres de Torini est défini par un alignement de points monochromes ou polychromes sur une surface blanche, empreintes de pinceau n°50, espacées régulièrement tous les 30 cm.
BMPT qu’est-ce que c’est ?
BMPT est un groupe composé des quatre artistes cités ci-dessus, ces artistes ont tous un point en commun la répétitivité d’un motif (bandes, cercles, empreintes de pinceaux) et l’envie d’abandonner délibérément la sensibilité dans l’œuvre d’art et provoquer une réflexion sur les références à l’histoire de l’art occidental. Ils ont composé le groupe le 24 décembre 1966, et vont faire quatre manifestations (Manifestation 1, 2, 3, 4 ) de janvier à décembre 1967. Ils reçurent un forte réaction de la part du public lors de leur première manifestation en janvier qui les considérait comme des voyous. La suivant n’eut lieu qu’en juin et tenait de l’ordre du happening. Dans une salle de conférences étaient accrochées, au-dessus de la scène, sur deux rangées, quatre toiles de même format carré, respectant le sens de lecture alphabétique. La toile de Buren était divisée en rayures de couleurs, verticales et égales, et recouverte en ses deux extrémités de blanc ; celle de Mosset,, sur le fond blanc, était marquée en son centre d'un cercle noir ; Parmentier, quant à lui, avait alterné sur la sienne de larges bandes horizontales grises et blanches, et Toroni montrait des empreintes de peintures à intervalles réguliers, réalisées avec une même brosse. Ils ne mirent aucune explication à la disposition du public, voulaient laisser le public à lui-même et ainsi donner à voir que ce qu'il présente. Le groupe d’artistes se séparèrent le 5 décembre 1967.
11/01/2006
La Folie des Néons
"La lumière est un phénomène physique qui conditionne notre rapport au monde. Les spéctacle du monde est un phénomène essentiellement lumineux et l'art y est tout particulièrement sensible." Philippe Coubetergues
Le néon est devenu un matériau courant dans bien des pratiques contemporaines. Sans être palpable directement, obligeant à des manipulations toujours instrumentées, la lumière se modèle plastiquement, au même titre que la terre, le bronze ou la peinture à l'huile.
Le travail de Dan Flavin expose clairement cette idée. Dans une salle dont ses oeuvres sont l'unique source de lumière nous découvrons un mélange de formes et de couleurs, par ces montages de néons, des sculptures faites de lumière.
Nombre d'artistes citent la lumière comme materiau même de leur oeuvre. Il s'agit au final de la sculpter, de la capter ou de la canaliser, en un mot de la dompter.
L'installation montrant des ampoules allumées enfermées dans des cages explicite l'obcession de l'artiste à vouloir s'approprier la lumière. Tout comme on s'approprie la beauté d'un oiseau en le mettant en cage, l'éloignant de son milieu naturel et transformant son éxistence en un élément décoratif.
Les cages donneraient elles un aspect négatif de cette manie qu'ont les artistes contemporains, de vouloir attraper et enfermer la lumière, plutôt que de la laisser voler librement ?
Plus loin, nous aperecevons d'autres types de montages de néons, ce sont tout simplement des messages ( "(In logic what is unnecessary is useless )" par exemple, ce qui veut dire que dans la logique tout ce qui n'est pas nécessaire est inutile ). Nous faisant penser à ce qu'on peut trouver dans les magasin SOHO.


